Ce petit rien…

Je regarde les marques sur le sol… mon cerveau débranche : mes mains se mettent à trembler, incapables de poursuivre la préparation du repas.
Mes yeux ne voient plus que les marques sur le sol, elles envahissent tout mon champ de vision, elles s’étalent sur l’ensemble du sol de la maison. Ce sol que je viens de finir de laver. Je ne vois plus qu’elles. Je vois les microbes, la saleté, je peux même sentir l’odeur de ces marques, elles sont devenus mes ennemies, elles me submergent. Le coupable est mon adversaire, mon ennemi à affronter.
Un souffle violent monte en moi et dévaste tout sur son passage, je m’entends hurler, je sens presque à quel point je suis hors de moi. C’est une explosion, une éruption volcanique que rien ne peut arrêter. Ma propre voix n’est plus sous mon contrôle, les mots horribles qui sortent de ma bouche ne sont pas conscients, et rien, rien ne peut les arrêter. C’est comme un barrage qui lâche et qui balaie tout sur son passage, comme une avalanche qui sort de ma bouche et que rien ne peut stoppée… Pas les yeux ébahis de mon enfant, pas la toute petite voix dans ma tête qui murmure stop… rien…
Au bout d’un temps qui semble infini, mon corps prend le dessus et tape : dans le mur, qu’importe qu’il soit en placo ou en béton, il n’y a aucune conscience du danger, c’est juste trop.Comme quand on voit quelqu’un en danger et qu’on se lance dans la mêlée, comme se jeter dans un incendie pour sauver ses proches, comme faire barrage de son corps pour protéger un enfant d’un accident… Le corps réagit, sans réflexion construite. Je te vois traverser et je vois la voiture arriver : je t’attrape par le col pour te ramener. Le corps sait.
Parce que notre cerveau supérieur se met en veille pour laisser notre cerveau archaïque gérer notre survie.
Survivre, c’est ce que je fais depuis des années. J’ai organisé un fonctionnement en mode robot : toute la gestion de la maison, du quotidien, des trajets d’école et de la crèche, l’organisation pour mon travail, les soins des enfants. Tout est méthodique, planifié, sur la liste du soir de mes enfants, j’ai écrit de leur faire un bisou. Je sors le repas du soir du congélateur le matin, j’enchaîne les marathons : celui du matin pour déposer tout le monde à bon port, celui de mon travail, celui de fin de journée pour récupérer les enfants à l’heure, et j’étais là, dans le dernier : celui du soir. Celui où il faut rentrer, ranger, nettoyer, commencer les devoirs, préparer le repas… avant de gérer le nettoyage de la cuisine, débarrasser le repas, laver les enfants, les coucher… et donc leur faire un bisou.
A ce marathon là, ce soir-là, s’ajoutera la gestion de ma crise. Quand après, avec les dernières forces de ma rage, j’aurai re-nettoyé le sol, couvert donc des marques de semelle de mon dernier, qui a marché dans la merde de mon chien. Cette merde devant laquelle je passe et repasse plusieurs fois ces derniers jours en me disant « il faut que je la ramasse ». Raté.
Quand la rage s’épuise et que le corps lâche, l’émotion d’en dessous arrive, dévastatrice elle aussi, et je pleure, en boule, dans un coin de mon salon mouillé. C’est le moment où ils reviennent dans mon champ de vision : ces petits êtres sortis de mon ventre, et capable de me provoquer mes plus énormes débordements. C’est là, toute minable dans mon salon, que pourrait se terminer cette crise : en gros câlins et plates excuses… mais c’est sans compter sur la vague de culpabilité qui arrive ensuite, qui devient obsédante, qui occulte le plaisir…
On n’apprécie pas la beauté d’un paysage après un incendie.

Souvent c’est là que les parents me contactent : pour me demander comment éteindre le prochain incendie… et quand ils apprennent qu’il va falloir aussi regarder ce qui a allumé le feu, et travailler en préventif, c’est dur.

Je le sais, c’est un travail de chaque jour quand on n’a pas appris.
Mais on peut, ca, je vous le certifie.

Ophélie Giraud
Coach parentale & formatrice
www.parentalitepositive.com
#defibrutal

Soyez un bon GPS !

Je me perds tout le temps !
Je me rappelle rarement d’un itinéraire et je suis donc totalement dépendante de mon GPS. Je me souviendrai toujours de cette sensation de vide le jour où je suivais aveuglément les indications routières pour éviter les embouteillages et arriver au plus tôt à destination. Je bifurquai gaiement d’une ruelle a une autre, ignorant totalement où j’étais… quand mon téléphone s’est éteint. Black out.
Je ne savais pas du tout où j’étais donc, mais maintenant je ne savais plus du tout où aller, et j’étais sans ressource pour contacter qui que ce soit au secours.
Mais même avec le GPS, en piéton, j’ai déjà tourné en rond pendant 1h30 avec mon téléphone a la main, des gros sacs à chaque bras en zigzagant dans les rues de Lyon, absolument incapable de me repérer et de comprendre le sens d’où je devais aller.

Vous êtes le GPS de votre enfant. Il ne connait pas encore les codes sociaux, il découvre chaque jour de nouveaux environnements, de nouvelles personnes, de nouvelles règles…
Quand vous bugguez, il est totalement perdu.
Quand vous hésitez, il ne sait pas où aller.

Alors, pensez y la prochaine fois que vous ferez part d’une demande à votre enfant :
-> soyez fiable : prenez soin de votre niveau de batterie et adaptez vos attentes ❤
-> soyez clair.e : vous êtes sur.e de ce que vous attendez d eux ?
Alors guidez les bien ⬆️
-> soyez positif ! Sinon c’est comme si votre gps disait « ne tournes pas a droite ! »

Ophélie Giraud
Coach parentale
www.parentalitepositive.com
#defibrutal

J’ai choisi la douceur !

« Il fait un caprice ! Tu ne dis rien ? Ah les parents de maintenant laissent tout passer… Bah réagis ! On ne va pas le laisser nous répondre ! Quand il sera ado tu vas voir ! Faut le cadrer maintenant ! »

Oui je ne dis rien, parce que c’est compliqué pour moi de te répondre, de te raconter ce que j’ai appris et tout ce que je crois sur l’éducation des enfants.
Que ce mélange subtil d’autorité et d’écoute, d’accompagnement et d’apprentissage du respect prend du temps…

C’est sûr que si je lui mettais une bonne fessée, il stopperait immédiatement. Si je m’énervais et que je le punissais, il cesserait ce comportement qui te dérange.
Ce comportement me dérange aussi, mais j’ai choisi une autre voie, plus délicate, plus difficile. Ce n’est pas un renoncement, et ce n’est pas de la faiblesse.

J’ai choisi d’être dans une position de guide, en montrant la direction et en accompagnant, plutôt qu’en poussant ou en tirant avec force pour le faire avancer. J’ai choisi d’être à l’écoute du besoin caché derrière ce que tu appelles « caprice » : je décode, je tente…

Ça prend du temps et ça me demande de l’énergie, de l’aide parfois. S’il m’arrive de faiblir et que je craque, en m’énervant ou en renonçant, ce n’est pas parce que mon choix est une erreur. C’est parce que j’apprends encore mes propres limites, mon propre respect. J’apprends à être à mon écoute et à décoder mes besoins. Je ne suis pas laxiste, et je ne suis pas faible. J’ai simplement choisi de prendre un autre chemin, un autre positionnement. C’est difficile oui, mais c’est un vrai choix.

Tu as le droit de ne pas être d’accord, tu as le droit de penser que je me trompe, mais ce n’est pas ce que tu appelles un caprice de ma part. Tu as donc un choix à faire aussi : faire preuve du respect dont tu parles tant en respectant mon choix. On peut alors discuter et je te dirai comment me soutenir. Ou me laisser faire à ma manière, avec mes craquages, sans porter de jugement.

Je te remercie de m’avoir écouté.

« Parfois dans la vie, on a juste besoin d’un coup de pouce »

Ophélie Giraud – coach parentale et formatrice pour les professionnels de l’enfance.

L’urgence de la joie !

Le covid ou la covid (Je n’ai pas cherché à comprendre) nous ramène à notre état d’humain : oui, nous sommes mortels.

Oui, on s’acharne trop souvent avec notre médecine occidentale à lutter contre la vieillesse, contre des maladies que nous créons à grands coups d’expériences chimiques pour créer des pesticides et des traitements…

Vous me direz : facile à dire car tu n’as perdu personne du covid. Oui, et je ne connais personne qui a perdu quelqu’un du covid. Je ne dis pas pour autant que cela n’existe pas : je lis les témoignages des médecins, j’écoute des amis aide soignants, kiné respiratoire… qui eux, voient les morts et font des choix dramatiques entre les malades.

Oui et pour autant, ce covid nous rappelle notre humanité : mortelle. Et sociable.
Parce que les services psy sont saturés, les humains épuisés, esseulés, se meurent d’isolement. Nos anciens meurent seuls. Nos malades meurent seuls. Les survivants sont seuls avec leur deuil… et nos enfants s’adaptent seuls.

Nous avons beau essayer d’expliquer, de justifier, ce covid et les mesures associées ont des conséquences sur nos enfants, comme sur nous. Les études viennent l’étayer, mais nul besoin de sondage pour observer que les enfants ne fêtent plus leur anniversaire, ne s’invitent plus, se touchent moins, ne rient plus autant.

Dans ce marasme, nous parents devons rester forts. Ils en ont besoin. Et nous en avons besoin.

J’entends et je lis beaucoup ces temps-ci des témoignages de la colère qui grondent… et même si elle est légitime, – rappelons que la colère indique un besoin de changement ! – elle provoque aussi la sécrétion de cortisol… qui inhibe notre cerveau.

Alors en tant que coach parentale, mais aussi en tant que maman, j’écris ici pour me rappeler et vous inciter de ne pas oublier la joie ! Se lever chaque matin en se câlinant, organiser des moments de partage, pensé à la légèreté. Pas besoin de gros moyens ou de mises en œuvre exceptionnelles… Danser dans le salon, jouer à cache-cache derrière les rideaux, boire une tisane le soir, choisir et regarder un film en famille…

Que ce marasme ambiant ne vous submerge pas, ni vous, ni vos enfants.
Prenez soin de vous, faites-vous du bien ♡

Ophélie Giraud
Coach parentale et surtout maman

Crédit photo @elventhorncreations
Citation Adrien Verschaere

Confinement

Pas facile de changer de mode et de rythme de vie en ce moment… avec un cocktail d’émotions sous-jacentes :
– la peur : de la mort pour ses proches, pour soi-même… la peur de ne pas être à la hauteur pour aider ses enfants, la peur de l’avenir…
– la colère : parce que c’est frustrant de ne pas avoir le choix, parce que le quotidien vient bousculer nos habitudes, parce qu’on ne peut pas tout faire !
– la tristesse : de ne pas voir ses proches, d’être confiné alors qu’il fait si beau (je crois que la météo annonce la neige ^^)
– la joie : de se voir libérer du poids du rythme quotidien et des impératifs de nos modes de vie…


Il faut accueillir toutes nos émotions, toutes les parts de nous qui vivent les choses différemment, accepter que tout se mélange, mais que tout a le droit d’être là, que nous sommes ces êtres humains multi-facettes et ambivalents. 

Un petit rappel rapide entre les émotions citées et les besoins : 

– Peur = besoin de protection
Je mets en oeuvre ce qui me rassure, et tant pis pour ce qu’en pense les autres. Pour me sentir protéger : je mets un masque si je sors, je désinfecte mes poignées, je reste chez moi, je refuse d’ouvrir même aux amis… Pas toujours évident mais j’accepte d’écouter mon besoin, et j’oeuvre à le combler. 
Ce peut être aussi savoir que ses proches sont à l’abri, rappelez les consignes, contactez des services d’aide pour les personnes fragiles…

– Colère = besoin de changement
Changer quand on est sous cette contrainte et ce risque, c’est dur. Mais je peux faire des choix qui me conviennent : choisir de ne pas faire tout le travail demandé par les profs (et accueillir son incapacité à devenir un super prof multi-niveaux sans formation), choisir la durée, le moment du temps scolaire, choisir de prévoir de vrais temps OFF : vidéo de yoga, musique de méditation, initiation Qi Gong, des temps de défoulement aussi avec du sport, des jeux, et aussi choisir de ne rien faire : regarder pousser les fleurs, écouter les oiseaux, contempler en silence ses enfants jouer (ou se disputer)…
La colère peut être aussi de vouloir faire autrement pour poser les règles avec les enfants, de se sentir moins dépassé par leurs comportements… Je vous renvoie aux outils que je vous propose régulièrement, et à une web-conférence gratuite et en live que j’organise ce soir à partir de 20h.

– Tristesse = besoin de réconfort
Je contacte mes proches, je découvre les appels vidéo, les web-conférences entres amis, je tiens un journal de bord, on se fait des câlins, on écrit des cartes, on dessine sa tristesse, on accepte de pleurer, on partage ses angoisses… et on découvre que ca fait du bien d’en parler, de se sentir moins seul.e.
Et si on ne trouve pas de soutien parmi ses co-confinés, on peut aussi oser prendre une peluche et on la serre fort… on s’imagine petit enfant et qu’on est en train de se câliner, de s’apporter de la sécurité : on ne se laisse pas tomber.

– Joie = besoin de partage
Créer des vidéos à envoyer à vos proches, inventer des jeux en famille, téléphoner aux amis, participez à des web-conférences ou apéro-virtuels, écrivez, chantez à votre fenêtre… C’est en osant sortir de sa zone de confort qu’on fait les plus belles découvertes ! 

Sentez vous libre de commenter et de partager vos émotions, et vos idées pour combler vos besoins !

J’organise des web-réunions de parents. Retrouvez les prochaines sur la page agenda.

Pour recevoir les prochaines, voici un lien pour vous inscrire : https://forms.gle/rLNMHAq8PTr6M1h26

Egalement, ne restez pas seul.e avec vos difficultés, si vous sentez que vous avez besoin de soutien, envoyez moi un SMS ou un mail avec ce qui coince et l’âge de vos enfants, je vous répondrai au plus vite de mes possibilités, et gratuitement.

Sentez vous libre de me contacter ! 

Coach parental

« Je viens vous voir parce que… » Silence, elle se mord la lèvre, un voile passe devant ses yeux. Je l’encourage du regard… Sa lèvre tremble, les larmes coulent… Je lui tends la main.
Je sais combien c’est dur d’être là. C’est souvent vu comme un échec : je n’y arrive pas toute seule, j’ai besoin d’aide, les autres autour de moi s’en sortent tout seuls…
Elle respire, finit par lever les yeux vers moi et ébauche un sourire timide… « Je me sens tellement bête, en plus je pleure pour rien »…
Non, ce n’est pas rien. Faire ce pas de m’appeler, de choisir de reprendre les choses en main, ça demande une énergie alors qu’il n’y en a plus depuis longtemps…
 « C’est juste que … j’y arrive pas. »
 Nouvelles larmes.
Larmes de trop de souffrances contenues, de soulagement aussi … C’est précieux ce qui se passe ici. Elle dépose quelque chose. J’accueille cette confiance avec un infini respect, une tolérance totale.
On n’est pas égaux dans sa parentalité.  Je sais le chemin difficile et douloureux de remettre chaque jour sur l’ouvrage le travail d’affronter ses schémas, de faire face, de gérer malgré tout… dans le doute permanent, et la peur constante de «mal faire »…
« Je me sens épuisée » me dit-elle avec un sourire fatigué.

OK, on peut commencer le travail ensemble : identifier les facteurs d’épuisement, chercher des solutions, ensemble, définir des méthodes qui conviennent à toute la famille pour expérimenter d’autres solutions…
Un petit pas à la fois, semaine après semaine, on avance et on travaille sur chaque situation pour tirer des enseignements sur les prochains objectifs.

Et quand ça coince, parce que c’est trop dur, que ça demande trop, on ajuste, on fait appel à un tiers pour débloquer la situation… et on reprend.

Je suis coach parental. Fière de ce statut de coach. Je travaille avec les parents et les familles pour proposer des solutions concrètes et permettre de changer le quotidien.
Evidemment, ça brasse !  Peut-être je vous enverrai  hurler dans les bois, ou sous l’eau, taper dans des coussins, on travaillera à clarifier, encore et encore ce qui se joue…
Je suis là pour que les choses changent, et ça commence par vous.  Je ne vous lâcherai pas la main.

Ophélie Giraud

www.parentalitepositive.com Coaching à domicile, en cabinet, au téléphone.

Peut-on être parent sans culpabiliser ?

Être parent en 2019, c’est entendre chaque jour de nouvelles idées, de nouvelles informations, c’est se retrouver comme sur tant d’autres sujets, aux prises avec des montagnes d’informations et ne plus savoir quoi faire.

Nous sommes noyés d’informations, toutes plus validées par les scientifiques de tout ordre les unes que les autres… et c’est vite le chaos.
Nous nous retrouvons à douter de tout, sans cesse, sans avoir forcément une confiance en soi apte à dire « je sais ce que je fais », ou encore « merci je le sens mieux comme çà »… et on est perdu.
On ne sait plus faire la part des choses entre ce que nous conseillent nos proches « pour notre bien » : laisse le pleurer, porte le tout le temps, pose le vite, dort avec lui, ne l’habitue pas aux bras, allaite à la demande, espace les tétées, affirme toi avant qu’il te bouffe, ne confonds pas autorité et autoritarisme, montre le bon exemple, ne craque pas devant lui, exprime tes émotions, laisse le expérimenter, protège le, tiens le assis, mets le au sol, ne le lâche pas des yeux, laisse le respirer…
chaque conseil étant plus ou moins validé par des professionnels vers lesquels on se tourne… pour ENFIN savoir quoi faire !
Mais sans succès, chaque professionnel faisant part de ses propres recherches, ses propres expériences, ou ses propres peurs… 

Est ce qu’être parent en 2018 est plus culpabilisant qu’avant ?
Oui parce qu’on se pose peut être beaucoup de questions nouvelles, dites générationnelles, car la cyber-réalité n’existait pas tellement, avant…
Oui, car les avancées technologiques ont permis d’apprendre de nouvelles choses sur le fonctionnement du cerveau humain.
Oui parce que notre rythme sociétal est différent et qu’on a l’impression que tout va toujours et encore plus vite, nous happant et tournoyant sans fin et on a peur de rater quelque chose, de tout rater tout court dans notre rôle de parent, et l’accompagnement de nos enfants…
Et non car les parents d’avant se posaient aussi des questions, avaient aussi peur de mal faire, avaient aussi accès à des tas d’informations contradictoires…

Ce qui est actuel c’est que ce qu’on apprend de la science vient chatouiller notre propre histoire. Pourquoi n’est on pas égaux face aux pleurs d’un nourrisson ? Pourquoi certains parents ressentent naturellement de l’empathie et se précipitent pour consoler ce petit être, alors que d’autres sont automatiquement sous alerte, sous stress, pensant qu’ils sont responsables des pleurs, qu’ils doivent trouver un moyen pour que ça cesse et se sentent incompétents et en danger quand ils n’y parviennent pas ?

Les neurosciences expliquent que les zones de notre cerveau qui s’activent ne sont pas les mêmes selon la manière dont nos propres pleurs ont été accueillis. Alors oui forcément, devenir parent vient titiller notre vécu, et le pas est vite fait de : soit rejeter en bloc toutes les informations pour ne surtout pas brasser ce qui peut faire mal, soit acculer nos propres parents face à l’éducation qu’on a reçu.

Nos pauvres parents, qui eux mêmes ont transmis ce qu’ils ont reçus et appris, en espérant faire au mieux…
On a le choix de se dire que c’est trop dur de revisiter son histoire, parce que c’est réellement dur.
Quand on travaille sur l’estime de soi et comment aider son enfant à être « au top », cela fait forcément écho à nos propres souvenirs… et pourquoi est ce que moi je ne suis pas le parent qui se sent suffisamment capable pour dire « je fais de mon mieux », suffisamment valable pour répondre « je sais ce que je fais », et suffisamment aimable pour affirmer tranquillement « Je suis comme cela, c’est mon choix du moment et c’est OK pour moi ».
Non, nous on s’écrase sous le poids du regard des autres, sous notre sentiment d’incompétence, sous notre propre culpabilité, on se laisse berner par cette petite voix qui nous dit toujours « tu aurais pu faire mieux ».

Alors oui, être un parent qui se questionne et qui découvre de nouvelles postures peut être culpabilisant.
Tout comme être un parent qui refuse de se questionner et ne lira pas donc sans doute pas cet article.

Parce qu’il faut rappeler que : même sans se poser de question, même en ayant l’impression de faire de son mieux… Aucun parent ne se satisfait d’avoir finalement dû mettre son enfant au coin, lui mettre une fessée, ou le punir. Sans savoir, sans connaitre de nouvelles idées et sans partages, chaque parent sent bien de la frustration.

C’est difficile d’être parent. Il n’y a aucun mode d’emploi, et on n’est pas égaux. Oser faire part de ses doutes et ses peurs, au sein d’une société qui nous apprend à ne viser que la performance, la réussite… c’est courageux.

Alors la prochaine fois que vous voyez un parent en difficulté : avec un enfant qui semble ne pas l’écouter, qui évacue la pression en grosse crise de larmes, qui pleure, que vous sentez un parent démuni… ne restez pas à vous contenter du conventionnel « ca va? » « ca va. » Retenez vous de le juger, laisser partir vos mauvaises premières impressions… et osez l’aborder par un compatissant « c’est dur des fois avec les enfants »… et faites juste un sourire.
Cette attitude et ce sourire feront un doux baume face à son propre sentiment d’incompétence. Ce sera un petit cadeau pour dire « tu n’es pas seul »…

Je crois que si « chacun » faisait l’effort d’accueillir « chaque autre » là où il en est, on gagnerait tous, en humanité.
La culpabilité ne serait ainsi plus tétanisante devant la peur de mal faire, elle serait au contraire un moteur pour ne plus avoir peur d’expérimenter.